

Suite à une panne de véhicule, Gerardo Escobar est raccompagné un soir dans sa maison isolée par Roberto Miranda dont il vient de faire connaissance. Sa femme, Paulina Solas, victime de tortures il y a quinze ans, reconnait ou croit reconnaître la voix de son tortionnaire et le prend en otage pour obtenir sa confession.
Un lieu isolé, une rencontre fortuite, une femme qui échafaude le procès de son présumé tortionnaire, les éléments sont réunis pour vivre le temps d’une nuit un huis clos où on ne sait plus très bien qui manipule l’autre.
« La Jeune Fille et la Mort » nous met en face du devoir de mémoire et de vérité, conditions incontournables du pardon.

Ariel Dorfman est un écrivain, dramaturge, essayiste, académicien et militant des droits de l'homme d'origine argentine et chilienne, né le 6 mai 1942 à Buenos Aires. Il a vécu une partie de son enfance à New York, puis a été contraint de quitter les États-Unis en raison de la frénésie anti-communiste, pour s'installer au Chili en 1954. Dorfman a été conseiller culturel du président Salvador Allende de 1970 à 1973, période durant laquelle il a vécu l'espoir d'une révolution pacifique en Amérique latine. Après le coup d'État mené par Pinochet, il a été contraint à l'exil, vivant notamment aux États-Unis où il enseigne à l'Université Duke depuis 1985. Son œuvre est très variée, comprenant des pièces de théâtre, des romans, des essais, de la poésie, du journalisme et des films. Ses travaux ont été traduits en plus de cinquante langues et ses pièces jouées dans plus de cent pays. Dorfman s'engage activement dans la défense des droits humains et a publié de nombreux ouvrages abordant la politique latino-américaine, la culture, la guerre et la résistance. Son parcours et ses écrits témoignent de son engagement contre la dictature, la torture et pour la justice sociale.


La Jeune Fille et la Mort aborde la relation triangulaire victime-bourreau-justice, un thème sans frontières et d’une actualité déconcertante dans lequel la victime, si elle ne trouve pas justice, sombre dans les méandres de la vengeance en devenant à son tour bourreau. Un lieu isolé, une rencontre fortuite, une femme qui échafaude le procès de son présumé tortionnaire, les éléments sont réunis pour vivre un huis clos qui nous entraine dans les bassesses humaines où on ne sait plus très bien qui manipule qui. La pièce nous met en face du devoir de mémoire. Les trois personnages sont les figures représentatives du triangle victime, bourreau, justice.
Paulina Solas est l’âme de toutes les victimes d’une dictature. Ayant perdu espoir qu’un jour justice d’Etat lui soit rendue, elle n’a pas d’autre moyen, pour sa survie mentale, que devenir à son tour bourreau. Ira-t-elle jusqu’à tuer ? Le docteur Roberto Miranda, s’il n’est pas le bourreau de Paulina comme il l’affirme, est la figure de la dictature et son cortège de perversités. Gerardo Escobar s’est éloigné de ses combats de jeunesse. Si ses convictions semblent intactes, elles sont maintenant au service de sa carrière d’avocat reconnu. Ses doutes sur la sincérité de sa femme Paulina à avoir reconnu son bourreau, donc sur la culpabilité du docteur Miranda, oblige le spectateur à se mettre continuellement en questionnement.
Le jeu des comédiens doit être rythmé ne laissant aucun répit au public. Le décor est dépouillé, tout ce qui est sur scène doit servir, l’éclairage tient une grande importance pour marquer la relation profonde entre les personnages passant continuellement de l’ombre à la lumière, mettant ainsi le trait sur une forme d’absurdité de la situation. Décor et lumière sont indissociables pour suggérer une remise en cause continuelle des convictions du spectateur qui oscille entre recherche de vérité et compréhension du désir de vengeance

Gerardo

Paulina

Roberto
Mise en scène

Née d’une longue tradition d'échanges artistiques et des rencontres de ses fondateurs avec des artistes et pédagogues de tous pays, la Mouette 11055, a pour objectif de mettre en place des projets internationaux de théâtre, de transmettre et enseigner le théâtre et de produire des spectacles favorisant le dialogue interculturel et intergénérationnel, ainsi que la rencontre entre les différentes pratiques artistiques. Son répertoire s’articule autour de textes mettant en question le rapport de l’individu à la famille et à la société.
Pour la compagnie, la pratique artistique est une nécessité imprescriptible de chaque être humain, un chemin vers l'ouverture aux autres et au monde pour lutter contre les exclusions et les discriminations, développer la solidarité et permettre l'intégration. Depuis sa création, la Mouette a mené des actions en Argentine et en France mais aussi dans d'autres pays, suscitant la rencontre d'artistes argentins, français, québécois, polonais, italiens, allemands, togolais, palestiniens, marocains, russes, suisses, belges. Depuis 2022, La Mouette 11055 intervient à Madagascar pour l’association « Esperanza, joie des enfants »
La Mouette 11055 organise ses actions autour de 4 axes pédagogiques et artistiques :
-l'enseignement du théâtre par des cours réguliers et des stages ponctuels réalisés en France et dans les pays partenaires.
-l'organisation d'échanges et particulièrement les Théâtrades, rencontres internationales de jeunes comédiens
- es actions favorisant la pratique artistique de personnes en situation d'isolement ou de handicap
-les productions de spectacles professionnels et amateurs :
Down town, de Philippe Chignier
Profession Mère, de Griselda Gambaro
Stabat Mater Furiosa, de Jean-Pierre Siméon,
L’Homme gris, de Marie Laberge
Juste en d’ssous de la vacuité du ver de vase de Denis Marulaz,
Qui es-tu Fritz Haber ? de Claude Cohen
Miles, ou le Coucou de Montreux, de Henning Mankel
André, de Philippe Minyana
Une Femme de lettres, d’Alan Bennet
La Jeune fille et la mort, d’Ariel Dorfman